La goutte épaisse est une technique de diagnostic parasitologique du paludisme, consistant à examiner au microscope une goutte de sang étalée en couche épaisse sur une lame, après hémolyse et coloration (May-Grünwald-Giemsa généralement).
Principe
On dépose une goutte de sang (par ponction capillaire ou sur tube EDTA) sur une lame
On l’étale en cercle pour obtenir une couche épaisse (contrairement au frottis mince qui est étalé finement)
Le séchage puis la coloration entraîne la lyse des hématies, ce qui concentre les parasites (et les leucocytes) sur une zone réduite
On examine ensuite au microscope à immersion (objectif x100)
Intérêt principal : la sensibilité
La goutte épaisse permet d’examiner un volume de sang 20 à 30 fois plus important que le frottis mince sur une même surface
C’est donc l’examen de référence pour la détection du parasite, particulièrement utile en cas de faible parasitémie
Elle est considérée comme le gold standard historique du diagnostic biologique du paludisme
Limite : la goutte épaisse seule ne suffit pas
L’hémolyse des hématies fait qu’on ne peut pas identifier l’espèce plasmodiale ni évaluer précisément la parasitémie (morphologie des globules rouges parasités perdue)
Elle doit donc toujours être couplée au frottis mince, qui permet :
L’identification de l’espèce (P. falciparum, P. vivax, P. ovale, P. malariae, P. knowlesi)
Le calcul précis de la parasitémie (% d’hématies parasitées)
Pour les EDN — le duo à retenir
Examen
Rôle principal
Goutte épaisse
Dépistage / détection (sensible, mais pas d’espèce ni densité précise) -> En URGENCE : sans attendre un pic fébrile (+ appel du laboratoire avec les résultats en 2 heures)
Frottis mince
Identification de l’espèce + quantification de la parasitémie (nb de GR parasités / 100)
En pratique clinique
Devant toute fièvre au retour d’une zone d’endémie, le diagnostic de paludisme doit être évoqué en urgence
L’examen doit être réalisé en urgence (résultat attendu en moins de 2h), répété si négatif initialement et forte suspicion clinique
Aujourd’hui, des techniques complémentaires existent : tests de diagnostic rapide (TDR)immunochromatographiques (détection d’antigènes comme HRP2, pLDH), utiles en première intention notamment hors horaires de labo, mais qui ne remplacent pas l’examen microscopique de référence
NB : la goutte épaisse est aussi utilisé pour le suivi avec des parasitémies de contrôle à J3-J7-J28 (goutte + frottis)